Les dernières révélations de La Haye / L’accusation cherche un pro Gbagbo comme «témoin à charges»

Le Temps-24/7/2012

A quelques jours de l’audience de Gbagbo Les dernières révélations de La Haye / L’accusation cherche un pro Gbagbo comme «témoin à charges» / Quand la situation échappe à Ouattara
Contrairement à ce que le pouvoir veut faire croire à ses partisans en exploitant abusivement le rejet de leur demande de «liberté provisoire» pour l’accusé, c’est la défense du Président Laurent Gbagbo qui mène le bal. Les nouvelles fraîches qui nous parviennent de La Haye, à l’étape actuelle du dossier, en témoignent. Le commando des avocats de Laurent Gbagbo est serein et appelle tous les démocrates mobilisés pour la juste cause de l’illustre prisonnier à rester déterminés. Le refus d’accorder la liberté provisoire au célèbre détenu de la Cpi, regardé sous le bon angle, est en fait une victoire. Face à la carence d’arguments juridiques étalés par la juge argentine Sylvia de Gurmendi, président de la Chambre préliminaire 3, qui a pris la décision de ne pas accorder la liberté provisoire au Président Laurent Gbagbo, sur la base des points 60, 61, 62, 63… de la décision rendue ce mercredi 18 juillet 2012, on comprend que les magistrats en charges du dossier n’ont aucun élément susceptible de conforter l’accusation. Devant un dossier grotesque truffé d’allégations mensongères et de fausses preuves, tous les magistrats qui touchent à ce dossier et tentent de justifier l’injustifiable sont obligés, bien malgré eux, de se ridiculiser. C’est bien ce qui est arrivé à la juge unique chargée du dossier. La brave magistrate, en dépit de ses grandes connaissances et de sa bonne foi, n’a rien trouvé qu’ «une argumentation juridique insuffisantes et défaillante». aussi s’es-telle trouvée réduite à estimer que les «140.000 appels reçus par Laurent Gbagbo en décembre» était un problème de droit. Et que l’accusé était si populaire qu’il aurait pu s’enfuir si la Cpi lui accordait la liberté provisoire ! Il faut être une juge de La Haye pour mettre en avant un tel postulat. Mais surtout, la juge argentine Sylvia de Gurmendi invente un nouveau délit, un nouveau crime. aux yeux de la Cpi, la popularité est un crime impardonnable. Selon des sources proches du dossier, les juges de la Cpi, à deux semaines de l’audience de confirmation ou d’infirmation de charges ont reconnu les compétences du commando d’avocats qui constituent la défense de Laurent Gbagbo. On ne le dit pas assez, mais tous les experts reconnaissent et s’accordent à dire que pour la première fois, les magistrats et juges de la Cpi ont en face d’eux des compétences internationales certaines pour défendre un accusé. «Nous sommes en face d’une grosse machine qui donne du fil à retordre», reconnaît un de membre du cabinet du procureur, en aparté. Il est gêné lorsque ces proches lui demandent de commenter la décision de la juge Sylvia de Gurmendi de refuser la liberté provisoire au président Laurent Gbagbo pour délit de popularité. «Les avocats de Gbagbo ont remporté de grandes victoire qui ne vont pas rester sans suite. Il ya le fait qu’initialement circonscrite du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, la procédure remonte à 2002, ce qui n’est pas rien ! Par la suite, Le président Laurent Gbagbo était accusé de corruption, de vols, de détournements de deniers publics. Sa défense a démontré le contraire et l’a si bien démontré que la cour a reconnu son indigence et lui a accordé des moyens. Ensuite, Me Altit et ses confrères ont réussi à obtenir un report de l’audience du 18 juillet et convaincu la Cpi de mettre plus de moyens à la disposition de l’accuser pour préparer sa défense, au nom du principe de l’équilibre de moyens entre l’accusation et la défense. Ces exploits, au regard des pratiques habituelles à la Cpi, sont des victoires qui ont été passées sous silence mais elles méritent d’être notées tous les jours.N’obtient pas ces points qui veut, dans cette Cpi que l’on connaît bien. En fait, sur le plan purement juridique, l’accusation n’a aucune chance de démontrer que le président Laurent Gbagbo est coupable des crimes qu’on lui reproche». Confie un expert à La Haye qui ajoute que : «En fait, avec le dossier monté par Ocampo, aucun magistrat quelles que soient ses compétences et sont expérience, ne peut éviter d’être ridicule s’il veut démontrer la culpabilité de Gbagbo. C’est un travail bâclé».

L’accusation cherche un pro Gbagbo comme «témoin à charges»

Et c’est là tout l’embarras de Bensouda. a quelques jours de l’audience de confirmation des charges qu’Ocampo lui a léguées, on apprend dans les coulisses de La Haye qu’«Ocampo et la magistrate gambienne Bensouda s’étaient rendus successivement à Abidjan dernièrement pour demander que Ouattara produise un pro Gbagbo comme témoin à charge. Peut-être que l’extradition de Lida explique cela, je n’affirme rien. Mais sachez que la défense et le camp Ouattara sont en difficulté dans l’affaire». Et, selon nos sources, «les avocats de Ouattara qui ont compris que le «document de notification des charges» qu’ils auraient eux mêmes rédigé en partie pour Ocampo est faible et incohérent. Ensuite, l’accusation a été remuée par certains juges qui ne sont pas d’accord avec la façon dont Ocampo a mené l’affaire et qui, commencent à dénoncer cela à La Haye». C’est pourquoi ces derniers temps, «ils veulent par tous les moyens, influencer l’audience du 13 août car il se doute que Gbagbo et ses avocats sont assis sur une défense redoutable. Ils ont même peur de ce qui pourrait sortir de cette audience», ajoutent nos sources. En effet, «les avocats de Ouattara voulaient être présents au procès pour «faire des observations ». Ils ont donc produit un article et fait du copier coller d’un papier d’un événement qui s’était
passé ailleurs pour étayer leur argumentation, mais le 16 juillet la cour les a déboutés. Cela a été discret, ils n’ont pas fait de bruits», rappelle-t-elle. Non sans révéler qu’«aujourd’hui, la tendance s’est inversée à la Cour, c’est la défense qui imprime le rythme, qui remporte au quotidien de «petites victoires » mais aussi des grandes». La vérité est que «le camp Ouattara est en mauvaise posture».

Quand la situation échappe à Ouattara

Les mêmes sources confirment que la pression sur le camp Ouattara est une réalité à La Haye. Les débats du 13 août pourraient déboucher sur la mise en œuvre des mandats d’arrêts tant attendus contre les proches du pouvoir. Car les juges trouvent inadmissible le fait que seul le camp Gbagbo fait l’objet de poursuites de la part de la Cpi. Selon les indiscrétions ; «Les juges tiennent à ce qu’on établisse un équilibre dans le dossier ivoirien, pour montrer l’impartialité de la Cpi. Car le parti pris d’Ocampo a été flagrant. Et le problème va se poser dès le 13 août car contrairement aux assurances qui lui avaient été données par l’ex-procureur, ce dernier ne maîtrise rien et la situation leur échappe». Il est donc question de trouver une «solution». Car, dit-on «Ouattara a vu le danger et il demande à Soro de livrer quelqu’un de son côté. Ce que ce dernier a refusé, sentant lui aussi le danger », à fait savoir notre source au Pays-Bas. Mais, pour cacher la vérité à ses partisans, le pouvoir sanguinaire de Ouattara n’a pas fini de manipuler les faits et les informations. La presse rhdp aurait fait du sujet de «la liberté provisoire refusée», à Laurent Gbagbo ses choux gras. Si les Frci et les Dozos n’étaient pas venus les occuper en entamant le massacre de centaines d’innocents sur les sites de réfugiés à Duékoué. un génocide planifié par le régime Ouattara qui est prêt, quitte à faire couler le sang, a tout pour occulter les victoires remportées par la défense de Laurent Gbagbo à La Haye et la gigantesque mobilisation qui va déferler sur la Cpi, le 13 août. La consigne de Ouattara étant que, dès qu’une information apparaît comme «une difficulté pour la défense du Gbagbo», il faut en faire des tonnes. Communiquer à outrance, pour en faire tout un plat. Pour noyer au milieu du bruit, des coups de machette et de fusil à l’ouest, ce qui se passe actuellement à La Haye où la défense emporte des grandes victoires.

K. Kouassi Maurice