Après l’attaque d’Akouédo: Encore de graves révélations

Notre Voie-8/8/2012

A Akouédo, les soldats sont encore sous le choc après l’attaque de leur camp. Ils sont démoralisés et se plaignent de plus en plus du manque d’équipements. Ce qui, selon eux, a permis la prise facile de leur camp par des combattants armés non-identifiés. L’attaque du camp militaire d’Akouédo dans la nuit du dimanche 05 au lundi 06 août, commence petit à petit à livrer ses secrets. Selon des sources militaires concordantes, ce sont plus de 200 combattants armés non identifiés et encagoulés qui ont attaqué le camp d’Akouédo. De 4h à 6h du matin, le camp a été l’objet de tirs nourris d’armes automatiques et de kalachnikovs entre Frci et insurgés. Puis après, c’est l’accalmie, des tirs sporadiques étant entendus ça et là. Selon nos sources, le bilan est plus lourd que ce que le disent les officiels. Ce sont 12 éléments des Frci qui auraient été tués. Côté assaillants, au dire des sources militaires, on ne dénombre aucune perte en vie humaine, même si le gouvernement affirme 1 mort de leur côté.
Ces combattants armés non identifiés vont, durant tout ce temps, vider intégralement le dépôt d’armes et de munitions du camp, communément appelé la « Poudrière », dans une déconcertante facilité, et sans qu’aucun renfort Frci ne vienne les inquiéter. Les soldats onusiens présents dans le camp ne sont pas allés à l’affrontement. Les premiers renforts Frci viendront vers 12h, soit deux heures après le départ des insurgés. Mais les Frci affirment que cet acte est lié aux ex-Fds (dénomination des Forces de défense et de sécurité sous le Président Gbagbo) et qui font aujourd’hui partie des Frci (nouvelle armée sous Ouattara). Selon Bert Koenders, patron de l’Onuci, on ne saurait affirmer avec certitude que les assaillants font partie des ex-Fds. Le Représentant du Secrétaire général de l’Onu a certainement raison, car les Frci (branche purement pro-Ouattara) sont aujourd’hui divisées en Frci originaires de la ville d’Odienné (Odiennékas) et FRCI-Sénoufo. Ces deux composantes tribales sont en conflit à l’intérieur de l’armée. De plus, on a aussi les Frci restés fidèles à feu Ibrahim Coulibaly dit IB, patron du tristement célèbre « commando invisible » qui a tant tué pour porter Alassane Ouattara au pouvoir. Les partisans d’IB, on le sait, ont juré de venger leur chef en faisant tomber le régime actuel. Toute cette myriade de Frci n’a reçu que 500.000fcfa soit 950 Euros, au lieu des 5 millions fcfa promis, soit 7500 euros, pour avoir aidé Alassane Dramane Ouattara à prendre le pouvoir. En tout cas, il y a une grande grogne au sein de ces derniers. Au camp d’Akouédo, le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, celui de la Défense, Paul Koffi Koffi, le général chef d’état-major des armées, Soumaïla Bakayoko, ainsi que les principaux responsables des corps armés de Côte d’Ivoire sont allés constater sur les lieux ce qui s’est passé, la nuit de dimanche à lundi.
Ils ont trouvé le portail du camp éventré, les postes de garde détruit mais c’est surtout l’armurerie entièrement vidée. Des corps jonchaient encore le sol. On pouvait voir de nombreuses douilles de kalachnikovs, des flaques de sang séchés. Un militaire a même été abattu pendant qu’il dormait. Les soldats étaient très choqués, voire traumatisés par cette attaque. Ce sont eux qui ont avancé le chiffre des 12 morts parmi eux, ainsi que plusieurs otages, alors que la presse internationale et le gouvernement parle de 6 morts. Tous se plaignent de leur manque d’équipements qui les aurait empêchés de se défendre la nuit de dimanche à lundi. Ces militaires du camp d’Akouédo se disent délaissés et appellent le gouvernement à les aider.
De leur côté, les combattants armés, encagoulés et non identifiés, auteurs de l’attaque, parlent d’un premier essai concluant. Ils donnent « 72h au régime d’Alassane Dramane Ouattara pour quitter le pouvoir afin que cessent la dictature du régime et la politique de rattrapage ethnique actuellement en cours ». Ces combattants disent « ne pas être là pour discuter avec Ouattara », mais ils veulent une seule chose : «qu’Alassane Dramane Ouattara s’en aille, qu’il quitte le pouvoir car il est incapable de diriger la Côte d’Ivoire et de réconcilier les Ivoiriens. Depuis son arrivée au pouvoir, il n’a fait que diviser les Ivoiriens et monter les ethnies les unes contre les autres. Et les génocides et massacres ethniques se succèdent les uns aux autres, sans que cela n’émeuve Ouattara et son régime. Le dernier génocide en date est celui des 213 Wê massacrés au camp de Duekoué-Nahibly le 20 juillet dernier par les Frci et les dozos de Ouattara, au nez et à la barbe des casques bleus de l’Onuci ».
Selon les combattants armés non identifiés, c’était juste un essai avant le grand retour prévu pour très bientôt. Ils sont juste allés se servir en armes et en munitions, disent-ils, comme on fait son marché. C’est aujourd’hui chose faite, puisque la poudrière du camp a été totalement vidée, disent-ils, après plusieurs rotations, et le commando encagoulé s’est évanoui dans la nature comme il est venu. Les jours qui viennent nous diront ce à quoi les Ivoiriens devront s’attendre. Toujours est-il que cette attaque du camp d’Akouédo est la plus sérieuse contre le régime d’Alassane Ouattara depuis sa prise de pouvoir, le 11 avril 2011 dernier.

(Source : Ivoirebusiness.com
du 7/8/2012)
Voici la liste des armes emportées

Grâce à des sources militaires concordantes, une liste officieuse des armes emportées par les assaillants nous a été communiquée. La voici :
•3 lanceurs de missile sol-air portable SAM7 ;
•4 missiles de rechange ;
•1 arme antichar utilisant des roquettes autoguidées et 4 roquettes ;
•250 kalachnikovs neuves ;
•1 caisse de grenades.

César Etou cesaretou2002@yahoo.fr